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Incontinence chez les séniors

Mieux prendre en charge l’incontinence et les troubles urinaires

L’incontinence urinaire est fréquente chez les personnes âgées, mais une fuite urinaire ne doit pas être considérée comme une conséquence normale du vieillissement. En EHPAD, identifier les troubles urinaires et rechercher une éventuelle rétention permet d’adapter la prise en charge. La mesure non invasive du volume vésical peut alors apporter une information utile aux soignants.

Avec l’âge et la perte d’autonomie, les troubles urinaires peuvent devenir plus difficiles à repérer et à prendre en charge. Mobilité réduite, troubles cognitifs, traitements ou pathologies associées peuvent notamment intervenir.

L’enjeu consiste donc à ne pas s’arrêter au symptôme. Il faut chercher à comprendre ce qui se passe afin d’adapter la réponse à chaque résident.

Cette question concerne directement les EHPAD. Selon les dernières données disponibles de la DREES, 7 400 EHPAD accueillaient 590 800 résidents en France en 2023.

Pourquoi les troubles urinaires nécessitent-ils une attention particulière en EHPAD ?

Un changement des habitudes urinaires peut constituer un signal à prendre en compte chez une personne âgée.

La Haute Autorité de Santé recommande aux EHPAD de mettre en place une veille permettant d’identifier l’apparition de nouveaux besoins ou l’aggravation de la perte d’autonomie. Les changements repérés doivent ensuite être analysés afin d’adapter l’accompagnement.

Face à des troubles urinaires, plusieurs questions peuvent donc se poser : le résident parvient-il à uriner correctement ? Existe-t-il une rétention ? Les fuites sont-elles nouvelles ? Un traitement a-t-il changé ? La mobilité s’est-elle dégradée ?

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic à partir d’un seul signe. Il s’agit d’obtenir des informations pertinentes pour orienter l’évaluation clinique.

Résidu post-mictionnel : pourquoi mesurer le volume de la vessie ?

La mesure du résidu post-mictionnel permet d’estimer la quantité d’urine restant dans la vessie après une miction.

Cette information aide le professionnel de santé à évaluer la qualité de la vidange vésicale. Elle peut notamment intervenir dans le bilan de certains troubles mictionnels ou d’une suspicion de rétention urinaire.

La HAS intègre d’ailleurs la recherche d’une rétention urinaire dans l’évaluation de certains troubles du bas appareil urinaire. Elle souligne également l’intérêt d’éviter, lorsque cela est possible, des examens inutiles ou invasifs.

Deux méthodes peuvent notamment permettre d’évaluer le volume résiduel : le sondage urinaire et la mesure échographique de la vessie.

Qu’est-ce qu’un bladder scanner ?

Un bladder scanner est un dispositif à ultrasons permettant d’estimer de façon non invasive le volume d’urine présent dans la vessie. Certaines sondes échographiques proposent également un mode dédié à la mesure vésicale. Plus polyvalentes, elles permettent de réaliser de nombreux autres examens échographiques avec un seul dispositif, directement au chevet du résident.

Le professionnel place la sonde sur le bas de l’abdomen. L’appareil acquiert les données nécessaires puis estime le volume vésical, selon les fonctionnalités proposées par le dispositif.

L’examen ne nécessite donc pas l’introduction d’une sonde urinaire. Il peut être répété pour suivre l’évolution du volume vésical lorsque la situation clinique le justifie.

Toutefois, le résultat reste une mesure complémentaire à l’évaluation clinique. Il ne permet pas, à lui seul, de déterminer la cause d’une incontinence ou d’un trouble urinaire.

Comment intégrer la mesure vésicale dans la prise en charge ?

La mesure du volume vésical doit répondre à une question clinique précise. Elle ne remplace ni l’observation du résident ni l’évaluation réalisée par les professionnels de santé.

En pratique, la démarche peut suivre quatre étapes :

  1. Repérer un changement : nouvelles fuites, difficultés à uriner, inconfort ou modification des habitudes.
  2. Évaluer la situation en tenant compte de l’état clinique, des traitements, de la mobilité et des antécédents.
  3. Mesurer le volume vésical lorsque cette information présente un intérêt clinique.
  4. Adapter la conduite à tenir selon le résultat et le contexte du résident.

Cette logique permet de remettre l’outil à sa juste place : apporter une donnée objective supplémentaire pour aider à la décision clinique.

Trois erreurs à éviter face à l'incontinence en EHPAD

La première consiste à considérer systématiquement les fuites urinaires comme une conséquence normale de l’âge. Elles peuvent avoir différentes causes qui méritent d’être recherchées.

La deuxième serait de confondre incontinence et rétention urinaire. Les deux phénomènes sont différents, même s’ils peuvent parfois coexister.

Enfin, une mesure du volume vésical ne constitue pas un diagnostic. Son interprétation doit toujours tenir compte du contexte clinique et des recommandations applicables.

FAQ

Non. Le vieillissement peut favoriser certains troubles urinaires, mais l’incontinence ne doit pas être considérée comme inévitable. Une évaluation permet d’en rechercher les facteurs contributifs et d’adapter la prise en charge.

L’incontinence correspond à une perte involontaire d’urine, tandis que la rétention traduit une difficulté à vider la vessie. Ces deux situations nécessitent donc une évaluation différente.

C’est le volume d’urine qui reste dans la vessie après avoir uriné. Sa mesure peut apporter une information utile lorsqu’un trouble de la vidange vésicale est suspecté.

Il permet d’estimer le volume d’urine présent dans la vessie sans introduire de sonde urinaire. Il utilise les ultrasons pour réaliser cette mesure de manière non invasive.

Non. Il mesure ou estime le volume vésical. Le diagnostic et la recherche de la cause d’un trouble urinaire reposent sur une évaluation clinique plus globale.

Pas systématiquement. Une mesure échographique peut permettre d’estimer le volume vésical de manière non invasive lorsque cette méthode convient à la situation clinique.