Article publié le 28 avril 2018, dernière mise à jour le 21 avril 2026.
Chaque année, le 28 avril met en lumière un enjeu majeur du monde professionnel : la santé et la sécurité au travail. À l’initiative de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), cette journée vise à rappeler l’importance de prévenir les risques professionnels et de protéger durablement les travailleurs.
Les accidents du travail
En France, malgré des efforts constants, les chiffres les plus récents montrent que la situation reste préoccupante.
En 2024, près de 550 000 accidents du travail ont été recensés. Si ce chiffre marque une légère baisse par rapport à l’année précédente, il ne doit pas masquer la réalité du terrain : les accidents restent nombreux et souvent graves. Plus inquiétant encore, 764 accidents du travail mortels ont été enregistrés sur la même période. (1)
Les causes sont bien connues : manutentions manuelles, chutes ou encore accidents routiers continuent de représenter les principaux facteurs de risque. Certains secteurs, comme la santé, le nettoyage, le transport ou le BTP, restent particulièrement exposés.
Parallèlement, les maladies professionnelles poursuivent leur progression. En 2024, leur nombre dépasse pour la première fois depuis plusieurs années les 50 000 cas. Les troubles musculosquelettiques dominent largement, mais ce sont surtout les affections psychiques qui retiennent l’attention. Stress, dépression ou épuisement professionnel : ces pathologies ont plus que doublé en quelques années, traduisant une transformation profonde des conditions de travail. Elles représentent désormais une part significative des situations reconnues, et même une cause croissante d’accidents du travail. (1)
La prévention au coeur de la politique nationale
Face à cette situation, les actions de prévention se renforcent. L’Assurance Maladie et les acteurs de la prévention multiplient les dispositifs pour accompagner les entreprises. Programmes dédiés aux troubles musculosquelettiques, à la prévention des risques chimiques ou encore aux risques psychosociaux..
Mais au-delà des dispositifs, les défis évoluent. Le monde du travail change, et avec lui les risques. L’essor du télétravail, l’intensification des rythmes, le vieillissement de la population active ou encore l’impact des nouvelles technologies redéfinissent les enjeux de santé au travail. Les risques physiques demeurent, mais ils coexistent désormais avec des problématiques plus diffuses, comme la charge mentale ou les risques psychosociaux.
Dans ce contexte, la prévention ne peut plus être perçue comme une simple obligation réglementaire. Elle devient un véritable levier de performance durable pour les entreprises, mais aussi un enjeu sociétal majeur.
Une nouvelle campagne de sensibilisation
Face à ces chiffres, le ministère du Travail et des Solidarités a lancé une campagne nationale forte autour d’un message simple : « Sécurité au travail : la prévention n’est pas une option ». (2)
Cette campagne a pour objectif d’encourager une mobilisation collective en faveur de la sécurité au travail. Elle s’adresse aussi bien aux employeurs qu’aux salariés, avec l’ambition de faire évoluer durablement les pratiques.
L’enjeu est clair : installer dès le départ une véritable culture de la prévention, en intégrant les bons réflexes dès l’arrivée du salarié dans l’entreprise.
Quelles sont les obligations des entreprises ?
En France, il y aurait 2 à 2,5 millions personnes Sauveteur Secouriste du Travail (SST). L’employeur a en effet le devoir de prévoir, sous l’égide du médecin du travail, un dispositif permettant de dispenser les premiers soins d’urgence aux salariés accidentés ou malades.
Concrètement, l’entreprise doit :
- mettre en place une procédure à appliquer en cas d’urgence, en attendant l’arrivée des secours ;
- équiper ses locaux avec du matériel de premiers secours, accessible et conforme aux types de risques touchant l’activité ;
- s’assurer d’avoir au moins un salarié formé SST, dans les ateliers où sont effectuées des tâches dangereuses et dans les chantiers mobilisant plus de 20 personnes pendant plus de 15 jours et impliquant la réalisation de travaux dangereux.
Dans la pratique, il est recommandé de ne pas se limiter aux obligations légales et de prévoir des SST au sein du personnel en fonction du nombre de salariés et répartis proportionnellement dans les divers locaux afin de pouvoir intervenir efficacement en cas d’accident.